L’heure du tri

La mémoire du web est défaillante. Je remarque avec une certaine surprise que la plupart des vidéos en lecteur exportable sur ce blog sont désormais "offline". Ceci est explicable puisqu’elles sont sujettes à la durée de vie des start ups derrière les plate-formes de partage multimédia, elles-mêmes tributaires des investisseurs, donc de la situation économique. Le contenu de ces sites est également tributaire des aléas des comptes utilisateurs, leurs paramètres de confidentialité que l’on peut changer à tout moment, ce qui est une bonne chose. Le maillon le plus faible en ce qui concerne la "conservation" à long terme de ce contenu se situe au niveau des utilisateurs qui le mettent en ligne à un moment donné et le retirent après quelques jours, mois, années, en fonction, par exemple, des conflits que ce contenu peut avoir avec leurs vies privées, ou de simples répercussions inattendues ou non-désirées dans leur quotidien. Le problème, c’est qu’en retirant un contenu qui était partagé, on "casse" tous les liens entre les utilisateurs qui y ont fait référence, on retire souvent la "source" en tant que document à partir duquel le pote bloggeur a rédigé son article.

Ainsi, j’ai passé une heure avant de rédiger cet article à supprimer ou à modifier les réglages de confidentialité ( = passer les vidéos publiques au statut de vidéos privées) sur mes différents comptes de partage vidéo. C’est très étrange de revoir ce qu’on partageait avec le monde entier il y a seulement quelques années. On se rend compte que l’on n’avait peur de rien. Que l’on avait notre vie en ligne. Pour ma part, je me souviens que ce que j’ai partagé à ce moment là de ma vie ne m’avait jamais nui, au contraire. Je ne peux pas dire que je l’efface maintenant à cause de commentaires atroces, de moqueries ou d’humiliations, ou autres raisons pas drôles du tout. J’efface parce que je ne désire plus montrer ma vie, ou me montrer tout simplement. Je ne suis plus dans cette logique de montrer absolument ce que je fais, de partager tout ou presque tout. Et je remarque que beaucoup de mes anciens compères rencontrés via ces réseaux sociaux ont fait de même : la plupart des liens de ce blog sont cassés. Je les ai donc supprimés de la sidebar qui paraît bien vide, du coup.

Et lorsque des personnes de "la vraie vie" avec qui nous n’avons jamais eu de contact online par le passé nous parlent de nos vieilles vidéos, de nos "différentes identités" sur les réseaux sociaux, nous citent in texto des phrases de nos blogs, ça fait réfléchir. Cela m’est arrivé aujourd’hui, et j’avoue que ça m’a fait me demander si j’avais envie de laisser ce contenu là à la disposition de tous. J’ai eu un choc, j’avoue, en me rendant compte que je n’avais pas "fermé" ce pan là de ma vie plus tôt, ce pan "archives", puisque d’un autre côté j’avais coupé toute production. En tant que professionnelle dans le milieu des archives, j’avoue que c’est un sérieux dilemme : "effacer" c’est perdre définitivement, c’est rompre des liens entre des informations partagées, entre sites et blogs et moteurs de recherche etc… "Effacer" ou rendre indisponible quelque chose qui était disponible auparavant, c’est une négation de ce passé, c’est claquer la porte qui était grande ouverte. C’est aussi un peu se nier.

Quoi qu’il en soit concernant les dilemmes intérieurs que cette action puisse dénoter, il faut se rendre au fait que les archives, ça se trie, et qu’au final, certaines doivent être détruites. Que ce soit par manque de place, de ressources ou de temps pour les traiter, ou alors parce qu’elles constituent un risque quelconque : la destruction des archives se fait quotidiennement dans tous les domaines. Surtout en préparation d’un déménagement dans des nouveaux locaux. L’archiviste passe sa vie à trier, à comparer, à cataloguer des éléments qui se ressemblent plus ou moins. L’archiviste sélectionne ce qu’il est crucial de conserver, et se sépare de / détruit / donne plus loin les doublons ou éléments de moindre qualité. En ce qui concerne le contenu que j’ai effacé, mon éthique d’archiviste est sauve: il ne s’agit aucunement de documents utiles à la mémoire de l’humanité.

Ce qui n’est plus subsiste

J’ai choisi de modifier le "slogan" de ce blog avec la phrase "ce qui n’est plus subsiste", qui m’est venue d’un coup en réalisant que de la "Pioupiounette", il subsiste des traces sur le Web en 2012, alors que rien – ou presque – ne subsiste d’elle dans la vie réelle. Pourtant, me direz-vous, la "Pioupiounette", c’est moi. Oui, mais en partie seulement, et dans une période temporelle bien déterminée, et qui persiste malgré tout au travers de la mémoire du Web. Je ne suis plus la Pioupiounette, mais la Pioupiounette existera tant que les blogs des Francofous et des curieux qui observaient Seesmic video existeront. Il en est de même pour n’importe quel personnage qui a été présent à un moment ou à un autre sur le web.

Dans le post précédent, je demandais "Web 2.0, que reste-t-il de nos amours en 2012?", sans vraiment répondre à la question, en somme… L’interrogation sous-jacente était sans doute plutôt "qu’as-tu fait de ton année Web 2.0, ex-Pioupiounette?" Non seulement par rapport à ce que cela a pu m’apporter en matière d’expériences, mais aussi et surtout, savoir pour quelles raison tout ce qui était la Pioupiounette a été radié de ma vie.

A cette question, je n’ai absolument pas répondu. J’ai été évitante, en effet, et cela montre bien que le sujet m’est difficile d’approche. Quelques pistes de réponse sont envisageables.

En premier lieu, j’ai ressenti "une overdose" après Le Web 08 et je me suis rendue compte que je me comportais non seulement comme une cyber-addict, mais aussi comme une personne très instable psychiquement. Le web 2.0 m’avait donné beaucoup de moyens de m’exprimer par écrit et par oral notamment dans des vidéos enregistrées, et m’avait fait prendre confiance en moi. J’avais pu rencontrer plein de monde, j’avais chanté, dansé, animé un Francofousshow… J’avais osé toutes ces choses dont j’avais rêvé avant sans jamais faire le pas. J’avais oublié mes peurs et je m’autorisais enfin à créer, improviser, rencontrer et partager.

Cela dit, je n’avais confiance en moi que sur la Toile. Dans ma vie privée, je ne maîtrisais plus rien. Ni mes relations amicales, ni familiales, ni amoureuses. Tout était un gros sac de noeuds, et c’était pareil pour l’administration (les impôts, les factures), ainsi que pour le travail (je galérais dans mon cinéma en voie de fermeture et j’en avais marre, mais ne faisais rien pour changer de travail). Il est évident que je passais par une dépression qu’il fallait soigner.

Le Web 2.0, en fait, m’a permis "de ne pas me tirer une balle", pour être percutante. J’exagère certainement, mais je vivais sans but, j’allais travailler sans motivation, tous les jours, pour faire un job que je connaissais tellement par coeur que les gestes étaient automatiques. Je me morfondais, trop d’ennui. J’avais besoin de me sentir utile et appréciée, ce que la rencontre de toutes ces personnes sur Seesmic Video m’a permis. J’y ai entrevu de l’espoir, comme une petite loupiote au fond du tunnel.

Et si le Web 2.0 m’a en quelque sorte "sauvé la vie", il m’a aussi entraîné vers le bas dans un deuxième temps. L’utilisation que j’en faisais était malsaine et beaucoup trop excessive. Oublier à un tel point ses responsabilités dans sa vie privée est significatif d’une personne qui veut éviter tout simplement sa propre existence. A cette époque, la Pioupiounette vivait et Virginie s’oubliait. Alors il est normal, je pense, que lorsque Virginie a repris le dessus, la Pioupiounette s’en est allée. Et cela s’est passé de manière radicale, comme tout sevrage, en fait.

Néanmoins, j’ai une certaine nostalgie, comme la plupart de "Francofous", de cette expérience incroyable. Les personnes de chair et d’os me manquent, les mêmes-mais-un-peu-différents que je regardais si souvent dans la lucarne éphémère de Seesmic. Un jour, on se recroisera. Mais je tiens à ce que cela se fasse sans le Web 2.0, afin que Virginie rencontre ces gens pour de bon, sans filtre, sans masques, sans personnage au nom bizarre.

Web 2.0, que reste-t-il de nos amours en 2012?

Remettre ce blog à jour en 2012 me semble presqu’une hérésie, tant il est devenu obsolète. Ce blog, comme je le dis dans la page "About" qui a été mise à jour aujourd’hui même, est né de mes activités débordantes entre décembre 2007 et août 2008 sur les divers réseaux sociaux alors émergents, dont le défunt Seesmic. Je faisais partie, alors, des "early adopters" de certains services en ligne désormais très connus comme Twitter, Facebook, Youtube, Dailymotion, et de certains autres qui ont disparu comme Yahoo Live!, des plate-formes de micro-blogging dont j’ai oublié le nom, Plurk (qui existe toujours en fait), Phreadz… et Seesmic, la plate-forme vidéo disparue. Bref, j’avais tout testé et j’étais partout.

Par le biais de Seesmic qui était en "pre-alpha release", un mot compliqué qui veut simplement dire que l’application n’est pas encore ouverte aux utilisateurs mais ne fonctionne qu’en phase de tests sur invitation, je suis entrée dans une sorte de grande communauté en ligne, remplie de personnes provenant du monde entier (surtout USA, France, Grande-Bretagne, Suisse, Canada) au gré des invitations distribuées par les fondateurs qui étaient Loïc Le Meur (CEO), Cyrille de Lasteyrie (alias Vinvin, content manager) et leur technicien geek en chef, Johann Romefort (CTO). Mon invit m’a été donnée par Steph Booth qui m’avait beaucoup coachée sur le web, partageant avec moi sa passion du blogging et de tout ce qui va avec la communication en ligne.

J’ai donc entamé une sorte de deuxième vie en ligne, ou "vie parallèle" en fait. J’ai rapidement été comme absorbée par Seesmic, car les quelques membres de cette première période de test formaient déjà un petit club d’initiés et accueillaient avec bienveillance les nouveaux par une vidéo "welcome to seesmic", et la conversation commençait très vite. On se présentait un peu devant notre webcam, d’ailleurs au début c’était bizarre!, en nous adressant à des gens qu’on ne connaissait pas. On disait "salut Seesmic!" ou alors "bonjours tout le monde" et puis on racontait des histoires à notre MacBook, puis on attendait un moment que la vidéo se charge (c’était du flash, ça prenait du temps, et ça buggait souvent!), et on cliquait sur "poster" ou alors on refaisait le même speech avec une autre lumière si on s’était fait peur en se voyant, comme c’était souvent mon cas…

J’ai donc parlé de tout et de rien pendant un an sur cette plate-forme, avec plein de gens sympas. Les francophones s’étaient auto-proclamés "Francofous" et faisaient "chauffer la timeline" (la timeline c’est la suite verticale des vidéos par ordre anté-chronologique : du plus récent au plus ancien) pendant des heures nocturnes où certains dégustaient du vin ou d’autres victuailles dans le désormais célèbre thread (fil de conversation) de KDFA (Keepdafunkalive) "Le Bar est ouvert"… Que de souvenirs!

Les Francofous en Helvétie © Vincent Philbert @Kmeron sur Twitter

Il y avait plein d’autres threads mythiques, le "Good Morning Seesmic", le "Hat Friday", et puis aussi des threads musicaux ou artistiques, des échanges de toutes sortes, quoi. Nous passions nos soirées / nuits / week ends connectés sur cette plate-forme à regarder / écouter ce que nos amis avaient posté. Et comme on travaillait quand-même pendant une partie de la journée, le soir, on "remontait la timeline" pour voir ce qu’on avait loupé pendant notre travail de bureau, tout en essayant de suivre ce qui se passait au "présent-légèrement-décalé".. Remonter la timeline était une activité source de problèmes assez répandus de surchauffe des MacBooks, car apparemment le flash faisait chauffer le processeur à mort, ce qui faisait démarrer les ventilos à bloc, et ensuite tout plantait. Mon MacBook blanc de 2007 y a laissé des plumes, RIP.

Et comme la timeline était publique, on pouvait faire des rencontres à tout moment. Il a été possible de poster des vidéos privées, aussi, (les "DV" pour Direct Videos), mais dans une deuxième phase de Seesmic. Il y avait Vinvin qui amenait des sujets de conversation, des invités parfois, on a eu John Cleese notamment, ou le Dr Ava (oh mon dieu!) qui nous a parlé du point G avec des organes génitaux géants en peluche (quel grand moment de solitude)… Puis Seesmic a commencé à investir dans le contenu assez sérieusement en engageant des chroniqueuses qui parlaient de produits ("Unboxing") ou de ce qui se passait sur Seesmic. Même une communicante-marketeuse française à un moment donné. On avait notre propre "Vidéo Gag" en fait, avec les séquences les plus ridicules ou les plus drôles ou les plus intéressantes de la semaine (je crois que c’était hebdomadaire, mais si c’est faux, merci de me corriger). Il y a eu aussi plusieurs tentatives d’émissions, plus ou moins fructueuses. Béatrice de La Boulaye (connue désormais en tant qu’Airnadette Scotch Brit) avait lancé un concept sympa de séquences réalisées par une petite équipe de 5 personnes, dont moi-même, les "Seesmix", mais il n’y eut guère qu’un ou deux épisodes…

En effet, il y eut la crise, Seesmic a perdu de l’argent, ils ont licencié leurs chroniqueuses, puis Seesmic a survécu jusqu’à l’été d’après Le Web 2008, puis la partie vidéo a été plus ou moins sacrifiée au bénéfice de ce qui tournait autour de Twitter, car plus porteur. La communauté avait déjà commencé à se disloquer, certains avaient migré sur "Phreadz", le concurrent maléfique (je dis ça avec humour, hein, les initiés comprendront), d’autres ont simplement repris le cours de leur vie "en vrai", comme moi. Je ne peux expliquer exactement le processus de dislocation de la communauté, pourtant très soudée, de Seesmic, mais j’ai quelques hypothèses qu’un jour je développerai peut-être ici. Les membres de la communauté francophone ont vécu une sorte de transe communautaire et virtuelle, parsemée de rencontres en vrai, les "meet ups", et ce jusqu’à l’implosion. J’imagine un schéma du style : plusieurs personnes seules et / ou déprimées et qui partagent des traits communs comme la curiosité pour les nouvelles technologies notamment, recherchent des amis en ligne -> ils se retrouvent ensemble sur Seesmic, ont plein de points communs donc -> ils vont passer leur temps sur la plate-forme en virtuel, voire sur d’autres plate-formes en parallèle pour rendre la communication encore plus facile (skype, gtalk, twitter) -> ils se rencontrent en vrai et remarquent qu’ils s’apprécient réellement et qu’ils se marrent aussi en vrai -> ils deviennent de vrais amis dans la vie -> ils cessent d’utiliser la plate-forme car ils sont amis dans la vraie vie et se contentent de communiquer entre eux comme de vrais amis, via Facebook, les SMS, Twitter ou le téléphone. Seesmic a été en fait "un accélérateur de rencontres fructueuses". Je développerai ce concept un autre jour!

La période en force de Seesmic, juste avant son déclin à Le Web 08, avec Loïc Le Meur en personne

Mon cas est un peu une exception, puisque je ne vois plus personne de ce cercle, mais par choix. J’ai vécu des choses très belles et d’autres plutôt moins sympathiques, et puis j’ai décidé de couper les ponts pour me consacrer à ma vie personnelle que j’avais laissée complètement en friche. J’approfondirai plus tard aussi. Je suis donc désormais plutôt l’inverse de ce que j’étais à cette époque en ce qui concerne la connectivité. Ce blog a-t-il donc toujours sa raison d’être? Eh bien je pense que, justement, sa raison d’être maintenant c’est d’explorer avec du recul ce phénomène de communauté en ligne, du "toujours connecté" que j’ai vécu et que j’ai rejeté. Ma pierre à l’édifice sera celle-ci, en toute modestie car je ne suis pas diplômée de sociologie.

Au plaisir de vous y re-trouver!

Un film à voir : "plus là pour personne" de Jean-Laurent Chautems

affiche

"Plus là pour personne", sorti en salles le 27 janvier à Genève, est le premier long-métrage du jeune réalisateur Jean-Laurent Chautems. Il sort aujourd’hui Lausanne, aux Galeries du cinéma. C’est un film de fiction suisse, produit, tourné, monté en Suisse entre Genève et Neuchâtel, le réalisateur est neuchâtelois d’origine, et la musique est celle de Kera, groupe de trip-hop electro de Neuchâtel.

Si je parle de ce film et que je vous encourage à aller le voir, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un film helvête, puisque je ne suis pas pour promouvoir à tout prix le cinéma de mon pays qui peut être très ennuyeux, qui souvent manque cruellement de scénario, et dont le jeu des acteurs laisse souvent à désirer… Mais "plus là pour personne", – qui a été récemment l’objet de critiques très mitigées, entre les louanges d’Olivier Delhoume sur Radiocité, les compliments de Thierry Jobin, et le venin de Raphaël Wolff – a de spécial qu’il est emprunt d’un climat omniprésent, celui du doute, de la remise en question totale de l’individu, qui vous fait ressentir un réél malaise. Ce malaise, pourquoi aller au cinéma pour le ressentir? me direz-vous… Eh bien parce que justement, la plupart d’entre nous le mettons chaque jour de côté pour que nos vies puissent suivre leur cours et que nos responsabilités envers les autres, nos engagements, nos emplois, puissent être respectées. Et mine de rien, ça fait du bien de prendre une heure et vingt-cinq minutes pour vraiment y faire face.

La forme du film a beaucoup été relevée dans les diverses critiques, soit en bien, soit en mal; on parle de cette image monochrome, glaciale, entre le gris et le bleu pétrole, totalement désaturée… On parle aussi du travail sur le point, sur la profondeur de champ, des plans où les personnages passent du flou au net, dans lesquels ils évoluent à l’intérieur du cadre, comme enfermés qu’ils sont dans leurs existences. Pour ma part, j’accorde beaucoup d’importance au fond, à ce que le film "dit", à son message. Et dans "plus là pour personne", il s’agit réellement d’une réflection profonde sur des choix de vie, sur ce moment charnière où des décisions doivent être prises et ce sont celles qui peuvent tout changer.

Fiche technique :
Catégorie: fiction; genre: drame; durée: 85 minutes; version originale: français; année: 2009; réalisation: Jean-Laurent Chautems; Scénario: Jean-Laurent Chautems; assistant réalisation: Antonin Schopfer; image: Aldo Mugnier; son: Eric Ghersinu; musique: Kera et André Joie; montage: Jean-Laurent Chautems Production: PS Productions; producteur délégué et exécutif: Xavier Grin; co-production: ADR Productions Pascal Verroust (F), Télévision Suisse Romande; distribution suisse: Moa Distribution; comédiens: Caroline Gasser, Yvon Back, Felipe Castro, Alice Rey; Jean-Charles Fontana, Jean-Christophe Nigon

Synopsis
Tout commence par un accident. Le croisement mal négocié entre une voiture et une moto. Le croisement, en fait, de plusieurs destins. Ceux d’un couple en déliquescence, d’un jeune homme désabusé, d’une jeune fille à la recherche de l’enchantement, d’un vieil homme entré en résistance. Finalement, l’accident se révèle être celui de la vie, à laquelle on renonce, ou pas.

Et comme j’étais à Soleure pour la première suisse du film lors des "Journées de Soleure", j’ai ramené quelques images, quelques moments sympa pris un peu "à l’arrache" entre le Solheure, le resto Baseltor et la Reithalle… Ici, une interview sympa de Christophe Farine, bassiste et programmeur du groupe Kera, ami de longue date de Jean-Laurent.

Une journée au Festival de Soleure, pour la première suisse de "Plus là pour personne" de Jean-Laurent Chautems. Le groupe Kera était là aussi, pour le concert qui a suivi la projection du film. Kera est l’auteur de la musique du film de Jean-Laurent.
Interview de Jean-Laurent, de Christophe Farine, et quelques bons moments!
Entre La Reithalle, le Solheure et le restaurant Baseltor.

Plus là pour personne sort mercredi 27 janvier à Genève; une avant-première en présence du réalisateur a lieu jeudi 28 janvier aux Galeries du Cinéma à Lausanne, suivie dès 22h00 par un concert de Kera au Loft Café

Ici, une interview au Solheure du comédien Felipe Castro, Gregor dans le film.

Pour le première suisse de "Plus là pour personne", quelques.uns des comédiens étaient présents au festival du cinéma suisse, "Les Journées de Soleure". Ce deuxième épisode est une interview du comédien Felipe Castro qui incarne Gregor, le rôle principal du film de Jean-Laurent Chautems.

"Plus là pour personne", un film de Jean-Laurent Cheutems, PS Productions, Moa Distribution, musique de Kera.

Ici, aussi, au Solheure, Jean-Christophe Nigon, un comédien qui a de la bouteille et qui tourne beaucoup en Allemagne et en Suisse-alémanique.

Pour la première suisse de "Plus là pour personne" aux Journées de Soleure, une partie de l’équipe du film était présente. Un concert de Kera qui a composé la musique du film a été organisé au Solheure.

Une interview avec Jean-Christophe Nigon, acteur, qui joue Philippe dans le film de Jean-Laurent Chautems.

Interviews, images et montage : virginie allflatt
Images du concert : Eliane Gervasoni et Alain Bottarelli Musique de Kera
Extraits de "Plus là pour personne"
"Plus là pour personne" sort le 3 février à Lausanne
Moa Distribution, PS Productions

Interview de Jean-Laurent Chautems lors du festival de Namur, le FIFF, par Cécile Rittweger

Interview de Xavier Grin, producteur (PS Production), lors du festival de Namur, le FIFF, par Cécile Rittweger

Kera

Kera

Formation: Christophe Farine, Nicolas Pittet, Sébastien Gosteli

Site officiel
Concerts prévus : le 25.02.2010 à 20:00 au QueenKongClub, Neuchâtel
La page Facebook
myspace

In Mail and Co. Lies the Infinite Sadness [EN]

Why is this that with all the "love" around, we still manage to be so infinitely sad?

The vast panel of communicating tools offered by the (not-so-new-anymore-) web "2.0" are said to work on a "love" basis. It can be argued that we could put in the "love thy neighbour" box the various acts of "going towards", show interest for, "follow", communicate with, reply to, and "see" more and more people. It is even a "love" that becomes overwhelming : hundreds of loving contacts poking you, messaging you, requesting to be friends with you, commenting on your statuses and sending notifications emails that make your computer (or mobile) go boing ! bip ! pop ! and the loudest the choir gets, the more loved and appreciated you are. You’re on the brink of singing "Love is all around" along with the cacaphony.

Word is out that this "love" could save the world and relaunch a dying economy. This is the global community work, peer-to-peered and crowd-sourced made possible by these revolutionary tools. This love evolves in an altered space-time in which the globe has become merely a multifonctional platform owned by Google. So if the world is brought to me by Google, Loïc Le Meur’s smile should convince me, right ? Shoudn’t I be perfectly happy as I check my Gmail page ? Well there I would use the "flag" button, and as selected reason, not finding anything suitable like "unrealistic and highly hypocritical content for YOU, pal !" I’d shut down the laptop.

In a world where communication is polymorphic and continuously flowing with words, sounds and images, what strikes me with shock is the amount of infinitely sad people in these "social networks". I now perceive my contacts and their tweeting and beeping words totally differently : when a few months back as an enthousiast and newbie I saw all this as a funny distraction for happy people, it all shifted abruptly to S.O.S. sent in the vast cybernetic ocean. I read them, sometimes reply to them, but they usually do not expect any answer. They are "statuses" merely hiding the one and terrible anguish of disappearance, that could be translated as "Here I am, do not forget me, I exist". As for the famous Twitter’s "What are you doing?" question, I’m sure that the "Crying on my own and wanting to shoot myself" reply is not mine only when I force myself to not send it with all the strength I got left. I know it is yours, too. Sometimes or often. And as a strategy to avoid sending those dreadful words, we can’t shut up talking to "no one in particular" about nothing, thus filling up billions of teras on all possible frequencies.

But when it comes to talking to "someone in particular" and say what it is that is eating us…
well…
There’s no one on the line.

In Mail And Co. Lies The Infinite Sadness

Entourés d’amour que nous sommes, pourquoi sommes-nous si tristes?

Les moyens de communication que propose ce (déjà-plus-très-)nouveau web "2.0" fonctionneraient sur un mode "amoureux" : l’acte "d’aller vers" les autres; de s’y intéresser, de les "suivre", de communiquer avec eux, de leur répondre, de les "voir" plus souvent : tout cela peut être mis dans la case "amour du prochain". Cet "amour" finit même par déborder tellement il y en a : ces centaines de contacts qui nous aiment saturent nos comptes facebook; remplissent nos boîtes mails de notifications et animent nos ordinateurs d’une symphonie de bings blips plup bim bam boum pop! qui nous rappelle constamment qu’on a plein d’amis. Qu’on est aimé de partout, et on en viendrait presque à chanter des "Love is all around".

Il paraît même que cet amour peut "sauver le monde" et relancer une économie mourante. C’est l’entraide globale rendue possible par ces outils révolutionnaires. Cet amour évolue dans un espace-temps altéré qui réduit le globe terrestre à une "plate-forme multifonctions" dont Google a les clés. Mais si le globe se résume à Google, le sourire de Loïc Le Meur devrait me convaincre. Je devrais rayonner de bonheur en voyant ma page gmail. Et c’est là que j’oserais un "ou pas" auquel vous pourrez plussoyer… (ou pas).

Car dans ce monde où la communication est polymorphe, flux ininterrompu de mots, de sons et d’images, je n’ai jamais vu tant de personnes dont la tristesse était si profonde. Je vois désormais mes listes de contacts et leurs mots qui me parviennent comme des SOS largués dans le vaste océan cybernétique. Je les lis, leur répond parfois, mais ce sont des messages qui n’attendent pas de réponses pour la plupart. Des "statuts" derrière lesquels se cache une seule angoisse : disparaître. On pourrait en traduire une bonne partie par "je suis là, ne m’oubliez pas, j’existe." Et quant à la question "What are you doing?" de Twitter, la réponse "Crying on my own and wanting to shoot myself" n’est certainement pas seulement mienne lorsque je me refuse à la larguer au loin et de toutes mes forces. Je sais que c’est la vôtre aussi. Par moments ou souvent. Et pour ne pas que ces mots soient dits, nous ne cessons de parler "à personne en particulier" pour ne rien dire et remplissons des milliards de téras sur toutes les fréquences possibles.

Et quand il s’agit de parler à quelqu’un "en particulier" pour lui dire ce qui nous ronge…

Silence radio.

Hommage à Kevin Smith / a tribute to Kevin Smith

Rachael Joy qui s’occupe de l’émission interactive Newspop sur Seesmic a lancé une conversation il y a quelques jours intitulés "Kevin Smith fans?" afin de demander des contributions de seesmiqueurs en hommage au réalisateur de Clerks, Mallrats, Chasing Amy, Jay and Silent Bob, Dogma et Clerks 2. La raison pour laquelle Racheal fait participer la communauté de Seesmic est la suivante : mardi prochain, elle-même et Vinvin vont aller à Los Angeles à la cérémonie du Vision Fest organisée par la Film Makers Alliance qui va apparemment remettre un prix à Kevin Smith.

Sur ce, forcément que Seb et moi avons répondu qu’on était des grands fans, puis nous avons décidé de faire une séquence qu’elle pourrait utiliser pour le montage qu’elle montrera à Kevin Smith. Nous avons donc passé une journée à La Croix Sur Lutry à faire les imbéciles devant une porte de garage et sous la pluie, moi grimée en Silent Bob et lui en Jay… Techniquement : on a filmé devant la porte de garage de la maison des parents de Sébastien, avec la webcam de mon MacBook posé dans une tente Kechua (je le jure!) car il pleuvait des cordes… On a fait deux ou trois prises de nous en train de vaguement lipdubber la chanson de Jay and Silent Bob, puis deux ou trois plans d’inserts en plan rapprochés, et Seb a ensuite fait de la magie en post-prod : il nous a intégrés dans le décor du film! La devanture de magasin est celle de Clerks 1 pour les fans qui connaissent c’est évident… Photo trouvée sur Flickr… Puis petit effet spécial pour la flamme monstrueuse et "voilà" !

Le Thread sur Seesmic:
[Offline : n'existe plus!]

Le résultat :