Ce qui n’est plus subsiste

J’ai choisi de modifier le « slogan » de ce blog avec la phrase « ce qui n’est plus subsiste », qui m’est venue d’un coup en réalisant que de la « Pioupiounette », il subsiste des traces sur le Web en 2012, alors que rien – ou presque – ne subsiste d’elle dans la vie réelle. Pourtant, me direz-vous, la « Pioupiounette », c’est moi. Oui, mais en partie seulement, et dans une période temporelle bien déterminée, et qui persiste malgré tout au travers de la mémoire du Web. Je ne suis plus la Pioupiounette, mais la Pioupiounette existera tant que les blogs des Francofous et des curieux qui observaient Seesmic video existeront. Il en est de même pour n’importe quel personnage qui a été présent à un moment ou à un autre sur le web.

Dans le post précédent, je demandais « Web 2.0, que reste-t-il de nos amours en 2012? », sans vraiment répondre à la question, en somme… L’interrogation sous-jacente était sans doute plutôt « qu’as-tu fait de ton année Web 2.0, ex-Pioupiounette? » Non seulement par rapport à ce que cela a pu m’apporter en matière d’expériences, mais aussi et surtout, savoir pour quelles raison tout ce qui était la Pioupiounette a été radié de ma vie.

A cette question, je n’ai absolument pas répondu. J’ai été évitante, en effet, et cela montre bien que le sujet m’est difficile d’approche. Quelques pistes de réponse sont envisageables.

En premier lieu, j’ai ressenti « une overdose » après Le Web 08 et je me suis rendue compte que je me comportais non seulement comme une cyber-addict, mais aussi comme une personne très instable psychiquement. Le web 2.0 m’avait donné beaucoup de moyens de m’exprimer par écrit et par oral notamment dans des vidéos enregistrées, et m’avait fait prendre confiance en moi. J’avais pu rencontrer plein de monde, j’avais chanté, dansé, animé un Francofousshow… J’avais osé toutes ces choses dont j’avais rêvé avant sans jamais faire le pas. J’avais oublié mes peurs et je m’autorisais enfin à créer, improviser, rencontrer et partager.

Cela dit, je n’avais confiance en moi que sur la Toile. Dans ma vie privée, je ne maîtrisais plus rien. Ni mes relations amicales, ni familiales, ni amoureuses. Tout était un gros sac de noeuds, et c’était pareil pour l’administration (les impôts, les factures), ainsi que pour le travail (je galérais dans mon cinéma en voie de fermeture et j’en avais marre, mais ne faisais rien pour changer de travail). Il est évident que je passais par une dépression qu’il fallait soigner.

Le Web 2.0, en fait, m’a permis « de ne pas me tirer une balle », pour être percutante. J’exagère certainement, mais je vivais sans but, j’allais travailler sans motivation, tous les jours, pour faire un job que je connaissais tellement par coeur que les gestes étaient automatiques. Je me morfondais, trop d’ennui. J’avais besoin de me sentir utile et appréciée, ce que la rencontre de toutes ces personnes sur Seesmic Video m’a permis. J’y ai entrevu de l’espoir, comme une petite loupiote au fond du tunnel.

Et si le Web 2.0 m’a en quelque sorte « sauvé la vie », il m’a aussi entraîné vers le bas dans un deuxième temps. L’utilisation que j’en faisais était malsaine et beaucoup trop excessive. Oublier à un tel point ses responsabilités dans sa vie privée est significatif d’une personne qui veut éviter tout simplement sa propre existence. A cette époque, la Pioupiounette vivait et Virginie s’oubliait. Alors il est normal, je pense, que lorsque Virginie a repris le dessus, la Pioupiounette s’en est allée. Et cela s’est passé de manière radicale, comme tout sevrage, en fait.

Néanmoins, j’ai une certaine nostalgie, comme la plupart de « Francofous », de cette expérience incroyable. Les personnes de chair et d’os me manquent, les mêmes-mais-un-peu-différents que je regardais si souvent dans la lucarne éphémère de Seesmic. Un jour, on se recroisera. Mais je tiens à ce que cela se fasse sans le Web 2.0, afin que Virginie rencontre ces gens pour de bon, sans filtre, sans masques, sans personnage au nom bizarre.

2 réflexions au sujet de « Ce qui n’est plus subsiste »

  1. patricegabin

    Je crois qu’on a tous une part de nostalgie de cette époque un peu insouciante et empreinte de folie😉 je me souviens de LeWeb08 et de toutes ces rencontres, de ces moments de partage si vivant, si réel, de cette barrière virtuelle si vite franchie, de l’impression de retrouver de vieux amis alors que pour la plupart c’était la première fois que l’on se voyait IRL. Nous étions des precursseurs-alpha-beta-testeurs, totalement fous, et cet autre « nous » virtuel était un exutoire pour nombre d’entre nous, une petite parenthèse enchanté mais si fragile, si difficile à appréhender dans sa globalité… Il n’empêche qu’aujourd’hui nous sommes encore en contact, virtuellement pour certains, réellement pour d’autres, mais entre nous il y aura toujours ce lien unique, celui d’avoir vécu une expérience technique profondément humaine, et ça ce n’est pas la plateforme technique qui nous l’a apporté, mais c’est nous, ce que nous en avons fait, le cœur que nous avons mis à créer ce lien.

    Merci « pioupiou »-virginie de ton feedback sur cette epoque, que j’ai déjà plaisir à lire et à suivre😉 Et j’espère qu’un jour, nos chemin se croiseront à nouveau sans écran interposé. Profites de la « vraie » vie et écris, encore… J’ai soif de lecture :p

    N.B : par ma part je n’avais pas de nom bizarre à la sauce 2.0… Peut-être n’étais-je pas si virtuel que ça😉

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