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Web 2.0, que reste-t-il de nos amours en 2012?

Remettre ce blog à jour en 2012 me semble presqu’une hérésie, tant il est devenu obsolète. Ce blog, comme je le dis dans la page « About » qui a été mise à jour aujourd’hui même, est né de mes activités débordantes entre décembre 2007 et août 2008 sur les divers réseaux sociaux alors émergents, dont le défunt Seesmic. Je faisais partie, alors, des « early adopters » de certains services en ligne désormais très connus comme Twitter, Facebook, Youtube, Dailymotion, et de certains autres qui ont disparu comme Yahoo Live!, des plate-formes de micro-blogging dont j’ai oublié le nom, Plurk (qui existe toujours en fait), Phreadz… et Seesmic, la plate-forme vidéo disparue. Bref, j’avais tout testé et j’étais partout.

Par le biais de Seesmic qui était en « pre-alpha release », un mot compliqué qui veut simplement dire que l’application n’est pas encore ouverte aux utilisateurs mais ne fonctionne qu’en phase de tests sur invitation, je suis entrée dans une sorte de grande communauté en ligne, remplie de personnes provenant du monde entier (surtout USA, France, Grande-Bretagne, Suisse, Canada) au gré des invitations distribuées par les fondateurs qui étaient Loïc Le Meur (CEO), Cyrille de Lasteyrie (alias Vinvin, content manager) et leur technicien geek en chef, Johann Romefort (CTO). Mon invit m’a été donnée par Steph Booth qui m’avait beaucoup coachée sur le web, partageant avec moi sa passion du blogging et de tout ce qui va avec la communication en ligne.

J’ai donc entamé une sorte de deuxième vie en ligne, ou « vie parallèle » en fait. J’ai rapidement été comme absorbée par Seesmic, car les quelques membres de cette première période de test formaient déjà un petit club d’initiés et accueillaient avec bienveillance les nouveaux par une vidéo « welcome to seesmic », et la conversation commençait très vite. On se présentait un peu devant notre webcam, d’ailleurs au début c’était bizarre!, en nous adressant à des gens qu’on ne connaissait pas. On disait « salut Seesmic! » ou alors « bonjours tout le monde » et puis on racontait des histoires à notre MacBook, puis on attendait un moment que la vidéo se charge (c’était du flash, ça prenait du temps, et ça buggait souvent!), et on cliquait sur « poster » ou alors on refaisait le même speech avec une autre lumière si on s’était fait peur en se voyant, comme c’était souvent mon cas…

J’ai donc parlé de tout et de rien pendant un an sur cette plate-forme, avec plein de gens sympas. Les francophones s’étaient auto-proclamés « Francofous » et faisaient « chauffer la timeline » (la timeline c’est la suite verticale des vidéos par ordre anté-chronologique : du plus récent au plus ancien) pendant des heures nocturnes où certains dégustaient du vin ou d’autres victuailles dans le désormais célèbre thread (fil de conversation) de KDFA (Keepdafunkalive) « Le Bar est ouvert »… Que de souvenirs!

Les Francofous en Helvétie © Vincent Philbert @Kmeron sur Twitter

Il y avait plein d’autres threads mythiques, le « Good Morning Seesmic », le « Hat Friday », et puis aussi des threads musicaux ou artistiques, des échanges de toutes sortes, quoi. Nous passions nos soirées / nuits / week ends connectés sur cette plate-forme à regarder / écouter ce que nos amis avaient posté. Et comme on travaillait quand-même pendant une partie de la journée, le soir, on « remontait la timeline » pour voir ce qu’on avait loupé pendant notre travail de bureau, tout en essayant de suivre ce qui se passait au « présent-légèrement-décalé ».. Remonter la timeline était une activité source de problèmes assez répandus de surchauffe des MacBooks, car apparemment le flash faisait chauffer le processeur à mort, ce qui faisait démarrer les ventilos à bloc, et ensuite tout plantait. Mon MacBook blanc de 2007 y a laissé des plumes, RIP.

Et comme la timeline était publique, on pouvait faire des rencontres à tout moment. Il a été possible de poster des vidéos privées, aussi, (les « DV » pour Direct Videos), mais dans une deuxième phase de Seesmic. Il y avait Vinvin qui amenait des sujets de conversation, des invités parfois, on a eu John Cleese notamment, ou le Dr Ava (oh mon dieu!) qui nous a parlé du point G avec des organes génitaux géants en peluche (quel grand moment de solitude)… Puis Seesmic a commencé à investir dans le contenu assez sérieusement en engageant des chroniqueuses qui parlaient de produits (« Unboxing ») ou de ce qui se passait sur Seesmic. Même une communicante-marketeuse française à un moment donné. On avait notre propre « Vidéo Gag » en fait, avec les séquences les plus ridicules ou les plus drôles ou les plus intéressantes de la semaine (je crois que c’était hebdomadaire, mais si c’est faux, merci de me corriger). Il y a eu aussi plusieurs tentatives d’émissions, plus ou moins fructueuses. Béatrice de La Boulaye (connue désormais en tant qu’Airnadette Scotch Brit) avait lancé un concept sympa de séquences réalisées par une petite équipe de 5 personnes, dont moi-même, les « Seesmix », mais il n’y eut guère qu’un ou deux épisodes…

En effet, il y eut la crise, Seesmic a perdu de l’argent, ils ont licencié leurs chroniqueuses, puis Seesmic a survécu jusqu’à l’été d’après Le Web 2008, puis la partie vidéo a été plus ou moins sacrifiée au bénéfice de ce qui tournait autour de Twitter, car plus porteur. La communauté avait déjà commencé à se disloquer, certains avaient migré sur « Phreadz », le concurrent maléfique (je dis ça avec humour, hein, les initiés comprendront), d’autres ont simplement repris le cours de leur vie « en vrai », comme moi. Je ne peux expliquer exactement le processus de dislocation de la communauté, pourtant très soudée, de Seesmic, mais j’ai quelques hypothèses qu’un jour je développerai peut-être ici. Les membres de la communauté francophone ont vécu une sorte de transe communautaire et virtuelle, parsemée de rencontres en vrai, les « meet ups », et ce jusqu’à l’implosion. J’imagine un schéma du style : plusieurs personnes seules et / ou déprimées et qui partagent des traits communs comme la curiosité pour les nouvelles technologies notamment, recherchent des amis en ligne -> ils se retrouvent ensemble sur Seesmic, ont plein de points communs donc -> ils vont passer leur temps sur la plate-forme en virtuel, voire sur d’autres plate-formes en parallèle pour rendre la communication encore plus facile (skype, gtalk, twitter) -> ils se rencontrent en vrai et remarquent qu’ils s’apprécient réellement et qu’ils se marrent aussi en vrai -> ils deviennent de vrais amis dans la vie -> ils cessent d’utiliser la plate-forme car ils sont amis dans la vraie vie et se contentent de communiquer entre eux comme de vrais amis, via Facebook, les SMS, Twitter ou le téléphone. Seesmic a été en fait « un accélérateur de rencontres fructueuses ». Je développerai ce concept un autre jour!

La période en force de Seesmic, juste avant son déclin à Le Web 08, avec Loïc Le Meur en personne

Mon cas est un peu une exception, puisque je ne vois plus personne de ce cercle, mais par choix. J’ai vécu des choses très belles et d’autres plutôt moins sympathiques, et puis j’ai décidé de couper les ponts pour me consacrer à ma vie personnelle que j’avais laissée complètement en friche. J’approfondirai plus tard aussi. Je suis donc désormais plutôt l’inverse de ce que j’étais à cette époque en ce qui concerne la connectivité. Ce blog a-t-il donc toujours sa raison d’être? Eh bien je pense que, justement, sa raison d’être maintenant c’est d’explorer avec du recul ce phénomène de communauté en ligne, du « toujours connecté » que j’ai vécu et que j’ai rejeté. Ma pierre à l’édifice sera celle-ci, en toute modestie car je ne suis pas diplômée de sociologie.

Au plaisir de vous y re-trouver!

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In Mail And Co. Lies The Infinite Sadness

Entourés d’amour que nous sommes, pourquoi sommes-nous si tristes?

Les moyens de communication que propose ce (déjà-plus-très-)nouveau web « 2.0 » fonctionneraient sur un mode « amoureux » : l’acte « d’aller vers » les autres; de s’y intéresser, de les « suivre », de communiquer avec eux, de leur répondre, de les « voir » plus souvent : tout cela peut être mis dans la case « amour du prochain ». Cet « amour » finit même par déborder tellement il y en a : ces centaines de contacts qui nous aiment saturent nos comptes facebook; remplissent nos boîtes mails de notifications et animent nos ordinateurs d’une symphonie de bings blips plup bim bam boum pop! qui nous rappelle constamment qu’on a plein d’amis. Qu’on est aimé de partout, et on en viendrait presque à chanter des « Love is all around ».

Il paraît même que cet amour peut « sauver le monde » et relancer une économie mourante. C’est l’entraide globale rendue possible par ces outils révolutionnaires. Cet amour évolue dans un espace-temps altéré qui réduit le globe terrestre à une « plate-forme multifonctions » dont Google a les clés. Mais si le globe se résume à Google, le sourire de Loïc Le Meur devrait me convaincre. Je devrais rayonner de bonheur en voyant ma page gmail. Et c’est là que j’oserais un « ou pas » auquel vous pourrez plussoyer… (ou pas).

Car dans ce monde où la communication est polymorphe, flux ininterrompu de mots, de sons et d’images, je n’ai jamais vu tant de personnes dont la tristesse était si profonde. Je vois désormais mes listes de contacts et leurs mots qui me parviennent comme des SOS largués dans le vaste océan cybernétique. Je les lis, leur répond parfois, mais ce sont des messages qui n’attendent pas de réponses pour la plupart. Des « statuts » derrière lesquels se cache une seule angoisse : disparaître. On pourrait en traduire une bonne partie par « je suis là, ne m’oubliez pas, j’existe. » Et quant à la question « What are you doing? » de Twitter, la réponse « Crying on my own and wanting to shoot myself » n’est certainement pas seulement mienne lorsque je me refuse à la larguer au loin et de toutes mes forces. Je sais que c’est la vôtre aussi. Par moments ou souvent. Et pour ne pas que ces mots soient dits, nous ne cessons de parler « à personne en particulier » pour ne rien dire et remplissons des milliards de téras sur toutes les fréquences possibles.

Et quand il s’agit de parler à quelqu’un « en particulier » pour lui dire ce qui nous ronge…

Silence radio.

!!!Going Solo!!!

Going

Going Solo est une conférence organisée par Stephanie Booth que l’on ne présente plus, puisqu’elle représente à elle seule le web 2.0 ainsi que les blogs en Suisse. Très influente, Stephanie a décidé depuis un peu plus d’un an de démarrer une carrière en free-lance dans le consulting web. Forte de ses multiples expérience en tant que blogueuse, visionnaire et référence sollicitée de toutes parts par les médias helvètes et internationaux, assoiffée de nouveautés et toujours à la pointe de ce qui se fait en ligne, sa conférence promet d’être d’une grande qualité.

Touchant à un sujet basique qu’est la situation de l’indépendant sur le marché, Going Solo s’adresse ainsi à une vaste palette de spectateurs. Les indépendants de tous les horizons de nos jours ont, à mon sens, besoin d’être présents sur le web, ne serait-ce que pour se faire connaître, créer des réseaux, trouver des associés ou des clients. Le programme définitif n’est pas encore disponible, mais des grands noms sont d’ores et déjà confirmés : Stowe Boyd, Suw Charman, Martin Roell et Laura Fitton. Pour des informations plus complètes, se référer au site officiel de Going Solo, ou suivre going solo sur twitter.

Et si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à promouvoir Going Solo sur vos blogs, et à vous inscrire le plus vite possible pour bénéficier du tarif « early bird » qui prend fin le 17 février!

Je conclus ce message promotionnel pour un événement d’envergure qui se tiendra dans ma ville natale pour inviter tous les seesmiceurs à venir nous retrouver, puisqu’une seesmeetup pendant Going Solo est en train de se tramer et de se répandre sur la timeline francophone.